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 .:: Recueil de Abyssia ::.

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Lynn Shisha
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MessageSujet: .:: Recueil de Abyssia ::.   Mar 13 Oct - 16:51




>>>« La gloire ou le mérite de certains hommes est de bien écrire ; et de quelques autres, c'est de n'écrire point. »
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>. Jean de La Bruyère .


• Index •


>>>>>>Page 1.
>>>1/ Index + Fiche Personnelle
>>>2/ Traumatisme [OS] [Blog]
>>>3/ Traumatisme [Suite et Fin]
>>>4/ C'est ça, Noël [OS] [Blog]
>>>5/ Other Worlds I . Gaïa, Earth & Us [Fiction] [FanFiction.Net]


• Fiche Personnelle •


>>>. Nom de Plume . Abyssia.
>>>. Age . Quinze ans.
>>>. Style . One-Shoot en séries, je n'ai jamais eu le courage de commencer une longue fic.
>>>. Écrit sur . Final Fantasy VII depuis juillet 2009.
>>>. Préfère . Les couples Yaoi [HommeXHomme] mais ne fais pas dans le lemon [Le soft, c'est mieux pour débuter]
>>>. Couple(s) Fétiche(s) . En fonction de mes humeurs.


• Blog Lien •


>>>>>>. x-SMLines . Me servira à entreposer toutes les fictions.
>>>>>>. FanFiction.Net . Mon compte sur FanFiction.net


Dernière édition par Lynn Shisha le Mer 23 Déc - 17:02, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: .:: Recueil de Abyssia ::.   Mar 13 Oct - 17:01

• Traumatisme •


    Genre. Général - Soft Yaoi
    Pairing. Vincent X Cid ; Vincent X Hojo [Surligne si tu veux savoir]
    Disclaimer. Personnages et Univers appartenant à Square Enix


    Son regard se perdit dans le bleu du ciel, comme d’habitude. Il lâcha un petit soupir triste avant de s’étendre dans l’herbe fraîche. Bientôt, le soleil allait décliner, l’astre argenté montrera son visage mais ne sera pas assez rayonnant pour lui faire oublier un instant le Météore ainsi que le danger qui l’accompagne. Et pendant que lui attendrait que la nuit passe, les autres retrouveraient leur famille afin de jouir d’un dernier instant de bonheur en leur compagnie. Barret ira voir Marlène pour la prendre sur ses épaules et la réconforter. A Canyon Cosmo, Nanaki discutera avec Bugenhagen de tout et de rien. Youfie se disputera sûrement avec Godo, là bas à Utaï tandis que de leur côté, Cloud et Tifa feront une mise au point sur leurs sentiments respectifs. Et puis Cid partira à son tour, il rejoindra Shera. Et lui, Vincent, sera à nouveau seul. Cid et les autres s’en iront. Cid, Cid… Ce nom mourut sur les lèvres du ténébreux alors qu’il sombrait dans l’inconscience du sommeil.
    Il courait, droit devant lui, fuyant le regard dur qui le suivait où qu’il aille. Un rire sans vie, nerveux, hystérique, se répercutait dans sa tête. Le sol se déroba soudainement sous ses pieds.
    Lorsqu’il ouvrit les yeux, il faisait déjà nuit. Son cœur s’était emballé et il avait le souffle coupé. Il inspira longuement, cherchant à se calmer. Une forte odeur de nicotine vint lui brûler les narines et il sentit une présence rassurante non loin de lui. Vincent se redressa et une main d’homme vint se poser sur son épaule. Son éternelle cigarette bien calée à la commissure des lèvres, Cid le regardait avec un sentiment d’inquiétude dissimulé derrière le pétillant de ses yeux.


    « Alors p’tit gars, encore un de tes cauchemars ? »

    Le brun baissa le regard alors que son équipier s’installait à ses côtés. Cauchemar, un mot qui résumait tellement bien sa vie. Trente années passées dans un cercueil, à méditer sur ses actes. Trente années où, à chaque fois qu’il fermait l’œil, le même mauvais rêve ressurgissait. Et il continuait encore de le poursuivre… Mais depuis qu’il avait rejoint le groupe de Cloud, il lui arrivait de ne pas rêver du tout, ce qui lui convenait tout à fait. La voix du blond le sortit de ses réflexions.

    « Si tu veux parler de quoique ce soit, le vieux Cid est là pour ça. »

    Vincent prit une profonde inspiration mais ne dit rien. Il n’avait pas envie de parler ou tout du moins, pas de lui.

    « Eh bé ! Ça m’en dit long.
    - Que fais-tu ici Cid ? Pourquoi ne pas avoir rejoint ta femme ?
    - Parce que ce n’est pas ma femme… »


    Son visage s’était légèrement assombrit. Il soupira, coinça le tube de nicotine et d’autres substances nocives entre le majeur et l’index et souffla un écran de fumée grisâtre.


    « Et puis, je m’disais que… »

    Il laissa sa phrase en suspend afin de faire rougir le bout de sa cigarette, le regard perdu au milieu des diamants qui illuminaient le ciel. Son vraiment comprendre ce qu’il faisait, Vincent s’empara de la cigarette, la jeta au sol et l’écrasa sous les yeux ébahis de son coéquipier. Ce dernier se ressaisit, fit une grimace de mécontentement et se ralluma un autre filtre bourré à ras-bord de tabac. Le blond défia du regard le brun de recommencer.

    « C’est pas bon pour ce que tu as Cid… »

    Le concerné haussa les épaules en détournant les yeux.

    « Mêle-toi de ce qui te regardes, Vin’. J’suis assez grand pour décider de ce que je dois, ou non, faire ! »

    Le silence retomba peu à peu entre eux. Vincent ferma les yeux et se rallongea. Après tout, la nuit était faite pour dormir et non pour se chamailler avec la personne que l’on considérait comme son meilleur ami. C’est alors qu’il sentit le souffle chaud du pilote sur son visage, si près, peut-être même de trop. Les mains du ténébreux agrippèrent la veste du blond et l’envoyèrent valser aussi loin qu’elles purent. Simple réaction instinctive. Il se releva d’un bond, les joues en feu, et s’éloigna d’un pas rapide.
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MessageSujet: Re: .:: Recueil de Abyssia ::.   Mar 13 Oct - 17:07

• Hauvent • Cabine de Vincent •


    Il sortit de sa douche fumante, le bassin enveloppé d’une serviette. Des questions se bousculaient dans sa tête, mais il n’avait aucune réponse à leur donner. Demain, il prendrait Cid à part et lui demanderait des explications. Oui, c’est ce qu’il ferait. Et si l’envie le prenait, il lui parlera de son pêché… Non, il ne fallait pas qu’il en parle ! D’ailleurs, rien qu’en y pensant, sa faute grandissait, déclenchant un sentiment de frustration et de colère qui s’empara de lui. Ah ! S’il n’avait pas été aussi naïf à l’époque… D’un autre côté, il n’aurait sûrement jamais rencontré Cloud et les autres. On frappa doucement à la porte. Vincent s’apprêta à ouvrir lorsqu’il se rendit compte qu’il était encore vêtu de sa serviette.

    « Une minute ! » s’entendit-il crier.

    Il retourna dans la salle de bain pour passer une tenue plus correcte. Il ne vit pas le savon qui traînait à terre. La rencontre de sa tête avec le sol fut plutôt rude.
    Vincent revint petit à petit à lui et reprit, par la même occasion, conscience de ce qui l’entourait. Tout d’abord, il se trouvait dans un lit, sûrement le sien. Pourquoi était-il là ? Une douleur aigue vint alors lui marteler le crâne. Ses souvenirs se reconstituèrent. Quelle idée aussi de laisser sa savonnette sur le sol ! Il porta sa main à sa tempe en s’asseyant. Une brève grimace douloureuse traversa son visage. Une voix, qu’il ne connaissait que trop bien, s’éleva alors tout près de lui.



    « N’en fais pas trop Vin’. Ça a dû être un sacré choc !
    - Cid ?
    - Lui-même. Heureusement que j’suis arrivé à temps p’tit gars, sinon tu serais encore en train de repeindre le carrelage de la salle d’eau à l’heure qu’il est.
    - Comment es-tu entré ?
    - En tant que Capitaine, j’me dois d’avoir les pass pour chaque pièce de mon p’tit Hauvent. »


    Le brun promena son regard sur sa chambre jusqu’à ce qu’il aperçu sa serviette soigneusement pliée dans un coin. C’est vrai qu’il ressentait maintenant comme un courant d’air… Ses joues virèrent brusquement au rouge. Cid lui avait-il ôté son pagne improvisé avant ou après l’avoir glissé sous le drap du lit ? Voyant que son ami faisait un blocage quelque chose, le pilote jeta un coup d’œil dans la même direction. L’expression de son visage changea, un peu comme s’il voulait dire « Oh merde, il l’a vu ». Finalement, après une seconde d’hésitation, Vincent pu entrevoir un rougissement de gêne sur les joues du blond.

    « Cid, ne me dis pas que- »

    Il fut coupé par le doigt que posa son ami sur ses lèvres. Ses yeux lui disant de se taire. Et puis le pilote avança son visage à quelques centimètres de celui du tireur, de sorte que leurs nez se frôlent. Vincent, qui avait à peine finit de rougir pour le coup de la serviette, s’empourpra de plus belle. Leurs lèvres s’unirent pour un premier baiser. Une image apparut dans les pensées de Vincent, le faisait repousser une nouvelle fois le blond. Les yeux du brun se mirent à briller.

    « Je… Je suis désolé Cid, c’est juste que… que… »

    Trente années de larmes s’écoulèrent alors de ses yeux. Cid, qui n’y comprenait pas grand-chose, s’assit près de lui et le prit doucement dans ses bras.

    « Allons, allons, Vincent… Parle-moi un peu de ce qui te tracasse. »

    Comme un enfant qui rapporte une bêtise passée et qu’il regrette à sa mère, Vincent se confessa à Cid. Il lui raconta ce qu’il s’était réellement déroulé à Nibelheim. A cette époque, il est vrai que son cœur aimait Lucrécia, mais son corps appartenait à Hojo… Entre deux sanglots, il expliqua ce que le scientifique l’avait obligé à faire, l’humiliant et écrasant son esprit. Bien qu’étant un Turk, il n’osait pas se rebeller. Il se sentait souillé mais il voulait absolument éviter que Lucrécia l’apprenne. Jusqu’au soir où sa patience atteignit ses limites et il se refusa au scientifique. Le lendemain, il se fit convoquer dans le sous-sol du manoir, une dispute éclata et Hojo l’abattit froidement.

    « Je ne sais pas s’il fut pris de remords mais il parvint à me redonner vie… »

    Les larmes cessèrent de rouler sur ses joues et Vincent se rendit compte qu’il avait littéralement inondé le t-shirt de son ami. Celui-ci avait les yeux clos et, selon le brun, il s’était endormi. Oh, il ne lui en voulait pas, après tout, Cid avait l’habitude de s’endormir lors de trop longs discours. Le brun esquissa un sourire. Il se sentait libéré d’un grand poids tout à coup. Il murmura un merci, déposa un baiser furtif sur la bouche entrouverte du blond et s’assoupit tout contre lui. Cid attendit que la respiration du tireur prenne un rythme plus régulier avant d’ouvrir les yeux et de le serrer un peu plus fort.

    « T’sais Vin’, j’ai tout entendu. J’comprends pourquoi tu voulais à tout prix le retrouver ce connard d’Hojo. Mais j’te promets qu’à partir de maintenant, je laisserais plus rien t’arriver. »


    Il n’eut aucune réponse, de tout manière il ne s’attendait pas à en avoir une. Cid regarda tendrement son amant. Qu’il est beau quand il dort… A son tour, il se laissa glisser dans un sommeil profond.
    Au petit matin, Vincent s’éveilla le premier. En chef lieu, il remarqua qu’il n’avait pas bougé durant la nuit : il avait toujours la tête et la main posées sur le torse musclé du blond. C’était étrange mais il se sentait bien. Il se leva aussi discrètement que possible et gagna la salle de bain. Il s’habilla rapidement avant d’enlever le bandage qui lui enserrait la tête. Quand il revint enfin dans la chambre, il constata que Cid dormait toujours. Vincent se réinstalla tout contre le pilote. Il se surprit ensuite à humer le parfum si masculin que dégageait l’endormi : un mélange de sueur, de nicotine et d’odeur de machines. C’était à la fois sensuel et reposant, comme si la bonne humeur de l’homme pouvait déteindre sur ceux qui respiraient ses effluences. Tout à coup, le brun eut la folle envie d’arracher le t-shirt en fine toile noire qui couvrait le torse du blond, mais il parvint à se retenir, de justesse.
    Ce fut au tour de Cid d’émerger de ce doux pays que sont les rêves. Il vit Vincent, assit sur le bord du lit, qui le regardait. L’Highwind lui sourit, pensant brièvement à se rendormir, mais choisit de se mettre d’aplomb afin d’aller rejoindre les autres. Il quitta à regret le moelleux du lit, défroissa en vitesse ses habits pour ensuite embrasser du bout des lèvres son p’tit gars.
    Le brun sortit d’abord avec l’intention de vérifier l’absence de personnes dans le couloir. Cependant, Cloud et Nanaki se trouvaient déjà sur le pas de la porte. Ils écarquillèrent les yeux en voyant Cid quitter tranquillement la chambre de l’ex-Turk. L’hérisson à la longue épée fut le premier à retrouver la parole.


    « Il faisait quoi chez toi ? demanda-t-il avec un regard complice.
    - Ce… Ce n’est pas ce que tu crois ! »
    bafouilla l’homme aux pistolets.

    Le grand bras du blond lui enserra aussitôt les épaules.


    « Vin’ a glissé dans l’herbe hier. Il s’est un peu ouvert la caboche, alors j’ai dû le veiller. Pas vrai p’tit gars ? »


    Cloud leur jeta un regard suspicieux et partit en direction de la salle des commandes, accompagné du tigre rouge.


    « Cid, j’aimerais que personne ne sache… pour nous. Et puis, tout ce que je t’ai raconté hier, tu pourrais le garder pour toi ?
    - Motus et bouche cousue ! Le vieux Cid sera comme une tombe, pas besoin de t’en faire pour ça. »


    Et en prime, il le gratifia d’un de ses larges sourires qui font tout son charme. A son tour, il se dirigea vers le cockpit. Juste avant qu’il ne passe la porte, Vincent se décida à le rejoindre. Hésitant, il choisit tout de même de poser la question qui lui brûlait les lèvres.

    « Cid ?
    - Hum ?
    - Tu ne fumes plus ? »


    Les lèvres du pilote s’étirèrent à nouveau en un bon gros sourire avant qu’il ne daigna répondre.

    « J’ai cru comprendre que ça te dérangeais alors-
    - Tu es assez grand pour décider de ce que tu dois, ou non, faire. Pas vrai ? »

    Le brin lui fit un clin d’œil discret avant d’entrer et de regagner sa place habituelle. Prit soudainement par une inexplicable envie de rire, Cid s’installa aux commandes de son aérostat.


FIN
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MessageSujet: Re: .:: Recueil de Abyssia ::.   Lun 2 Nov - 10:52

• C'est ça, Noël •

    Genre. Général
    Pairing. Aucun
    Disclaimer. Personnages et Univers appartenant à Square Enix

    Un jour ordinaire, enneigé à cause de la période de l’année, mais un jour terriblement morne. Il y a bien longtemps que plus rien n’est en mesure d’égayer le béton et le bitume de cette cité terne et grisâtre. Même la neige qui tombait encore du ciel paraissait perdre de sa blancheur. Au centre de cette gigantesque ville, un énorme bâtiment composé en tout et pour tout de soixante-dix étages et qui n’est autre que le QG de la plus importante firme multinationale, la Shinra. Entreprise d’abord, gouvernement ensuite, l’appétit vorace que ses dirigeants ont pour l’argent l’a conduite au contrôle quasi-total du monde. Et cela grâce à une seule énergie, la Mako. Bien qu’elle soit la source de vie de la planète, cette Mako est puisée par la Shinra dans le seul but de leur être profitable. Mais reprenons. Dans ce grand bâtiment, semblable à une ville où s’agitent chaque jour des milliers de personnes, on trouve un ordre hiérarchique très strict. En haut de cette immense échelle sociale, le président. Jeune, beau, riche, intelligent, il semble cumuler les qualités, ce qui ne permet pas pour autant de cacher ses défauts de tyran cupide et insensible. Viennent ensuite ses quatre conseillers, et aux ordres de l’un d’eux, un petit groupe de personnes chargées de toutes les sales besognes. Ils sont communément appelés les Turks. Leur vie est rarement rose car elle ne dépend que d’une seule loi : tue avant d’être tué.

    Un son agaçant et répétitif envahit soudainement la pièce plongée dans une demi-obscurité. Une main jaillit alors de sous une couverture et plaqua avec violence sa paume sur le réveille-matin. Ce dernier se tût docilement. Rien ne bougea pendant encore deux minutes puis, la couverture blanche valsa à l’autre bout de la pièce. Les cheveux plus en bataille qu’à l’ordinaire, un grand rouquin se redressa, les yeux collés par le sommeil et avec une haleine de chacal. Il se souvenait peu de la soirée de la veille, ou plutôt, tout était flou après le cinquième verre de whisky pur qu’il avait avalé. Il bailla à s’en décrocher la mâchoire avant de se lever et de se diriger vers la petite salle de bains adjacente à sa chambre, remarquant au passage qu’il avait dormi tout habillé et que, de ce fait, ses vêtements étaient tout fripés. Son reflet dans le miroir le fit grimacer. Il avait vraiment une sale gueule ce matin. Une rapide douche froide le revigora et lui rendit son entrain habituel. Un coup d’œil à sa montre lui apprit qu’il était déjà en retard de cinq minutes. Il se coiffa en quatrième vitesse, sortit tout aussi vite de sa chambre et dévala les escaliers quatre à quatre jusqu’à l’étage où ils avaient rendez-vous. C’est durant cette précipitation que choisit d’arriver le mal de crâne terrible, signe incontestable de sa soirée trop arrosée.

    Enfin assit à son bureau, le jeune homme note que, pour une fois, il n’était en retard que d’une petite dizaine de minutes, un record. Il soupira en voyant la pile de dossiers et le petit mot de son supérieur qui lui demandait de bien vouloir les remplir avant la pause déjeuner. Rude était en mission, alors impossible de lui refiler le tout, ce qui était facile d’ordinaire car le pauvre ne disait jamais rien et subissait en silence. Peut-être qu’il pourrait les donner à… Non, rien que d’y penser, il sentit son mal de tête empirer. Il devait les éviter, elle et ses monologues à rallonge. Une grande tape dans le dos le fit sortir de ses pensées.


    « Joyeux noël Reno ! » clama une petite blonde énergique au regard pétillant.

    Le roux sourit tristement. C’est vrai qu’ils étaient le vingt-quatre décembre aujourd’hui. Mais cela ne changeait rien, un Turk travaillait tous les jours, sauf lorsqu’il était en vacances. Mais pas de congés cette fois. Quand on n’a personne avec qui passer les fêtes, autant travailler.


    « Elena, tu ferais mieux d’aller bosser, répondit Reno en ouvrant le premier dossier de la pile devant lui.
    - C’est ce que je fais. Tseng veut que je t’aide pour que ça aille plus vite, après on a une mission, t’as pas oublié, hein ? Tu as encore bu hier et t’as complètement oublié, c’est ça ? Tu es désespérant Reno, tu…
    - Elena ?
    l’interrompit-il.
    - Quoi ?
    - Ferme-la. »
    conseilla-t-il froidement.

    Mais il dû s’avouer qu’elle avait en partie raison. C’est vrai, il avait oublié. C’est vrai, il s’était saoulé dans ce but. Mais bordel, elle était vraiment pas obligée d’en faire tout un plat !

    Midi sonna, Reno referma le tout dernier dossier concernant les rentrées de Mako du mont Nibel et passa sa veste. La jeune femme le rejoignit en trois enjambées, continuant à piailler des éloges sur le magnifique Tseng. Le roux fit la sourde oreille jusqu’à leur arrivée dans le self. Là, ils déjeunèrent modestement, en prévision de leur mission. Durant le repas, unique moment où la blonde se taisait, Reno se surprit à observer rêveusement sa coéquipière, se disant qu’elle était beaucoup plus agréable la bouche fermée. Puis, une fois qu’elle eu terminé sa pomme, elle recommença à glorifier le petit chef utaïen. Rien ne changeait, que ce soit noël ou pas.

    Il leur arrivait parfois de se faire convoquer dans le bureau du président, mais uniquement s’il s’agissait d’un fait grave. Les ordres étaient clairs, nets et précis. Il leur suffisait d’enrayer une petite révolte utaïenne avant qu’elle ne prenne trop d’ampleur. Le visage juvénile du dirigeant de la Shinra affichait un trouble qu’il aurait préférer garder pour lui mais il en était, pour le moment, bien incapable. Les soucis que lui causait AVALANCHE étaient déjà assez nombreux, ajoutés à ce projet de rébellion et d’autres problèmes qu’un président pouvait avoir, n’importe qui craquerait. Le Turk aux cheveux de feu acquiesça et sortit, suivit de près par la jeune femme.

    Le vol en hélicoptère se passa sans encombre, enfin, si on ne tient pas compte de la monopolisation de la conversation par Elena bien sûr. L’appareil posé près des montagnes, le duo gagna le village au style oriental à pied. Ils se rendirent au Turtle Paradise, bar réputé dans le monde entier. Assis à une table, ils choisirent la discrétion et se conduisirent comme de simples clients en passant commande, bière maison pour l’un, jus d’orange pour l’autre. Ils sirotaient lentement leur boisson quand entre un homme louche, déjà bien éméché. Il s’installa au bar et commanda une bière. Méfiant, le patron lui demanda de payer d’avance. L’homme hoqueta et montra ses poches vides. Le tenancier s’apprêta à le mettre dehors quand une poignée de Gils atterrit sur le comptoir. Hormis l’étrange couple du fond, il n’y avait personne. Le type leur adressa un grand sourire, dévoilant une dentition très mal entretenue qui faillit faire grimacer Elena. Celle-ci dévisagea ensuite son équipier avec une pointe d’interrogation dans les yeux.


    « Il parlera mieux après un verre ou deux. » assura-t-il à mi-voix.

    Le rouquin avala prestement le reste de sa bière et alla s’asseoir près de l’ivrogne pour lui offrir un second verre, ce que l’autre accepta avec joie.

    Un quart d’heure plus tard, dans une ruelle sombre non loin du Turtle Paradise. Le visage et les habits couverts de sang, Reno observait impassiblement le corps qui gisait à ses pieds. Eventré, complètement défiguré, la carotide tranchée, ce qui fut autrefois un homme n’était désormais plus qu’une plaie sanglante et méconnaissable. Ses intestins s’étendaient plus loin, dans une autre mare de sang. Titubant, Elena rejoignit le roux mais détourna les yeux de l’affreux spectacle. Elle était allée rendre son déjeuner derrière les poubelles et se sentait toujours barbouillée. Son entrée au sein des Turks ne datait pas de longtemps, tout comme son expérience en matière d’assassinat. L’ivrogne du bar avait parlé, pas longtemps mais suffisamment pour donner des informations capitales.


    « Ça va aller ? » demanda le jeune homme.

    La blonde hocha silencieusement la tête, toujours prise d’un haut-le-cœur. Il passa son bras autour de ses épaules et l’attira hors de la ruelle. Leur mission n’était pas encore achevée.

    Le mont Da-Chao est en vérité une statue taillée dans le flanc rocheux d’une petite montagne. C’était là qu’avait lieu la dernière réunion de ce groupe rebelle en passe de devenir terroriste. C’était là aussi que s’étaient rendus les deux Turks. Sur l’une des mains de la statue, on avait allumé un feu autour duquel se tenaient le meneur et ses acolytes. Tapis dans l’ombre, le duo se concerta du regard pour ensuite tendre l’oreille lorsque le discours impérieux du chef commença. Encore un fou qui croyait pouvoir tenir tête à la puissante Shinra. Elena sortit son 9mm, y plaça un silencieux et visa avec justesse la tête de l’homme. La détente pressée, une balle fut expulsée du canon et alla se ficher dans la tempe du leader. Ce dernier s’écroula, répandant par endroit sa cervelle ensanglantée. Mais ses troupes ne restèrent pas figées longtemps et, malgré l’emploi du silencieux, repérèrent aisément leurs assaillants. Ils s’armèrent, sûrs de leur victoire grâce à leur supériorité numérique. Néanmoins, cela ne sembla pas les avantager tant que ça.

    Reno virevoltait adroitement d’un ennemi à un autre, transperçant de son bâton électrique tous ceux qui lui faisaient barrage. Elena restait en retrait, assurant les arrières du rouquin à l’aide de son arme à feu. Les utaïens tombaient de tous les côtés. Certains corps atterrissaient parfois dans les flammes ardentes, dégageant une odeur nauséabonde étrangement proche de celle du cochon grillé. Les rebelles ne criaient pas, ils n’en avaient pas le temps. Lorsque plus rien ne bougea, les Turks se tenaient debout, côte-à-côte, haletants. Elena tremblait mais ne parlait pas. Reno la fixait avec inquiétude, se demandant si elle allait bien. Un faible mouvement sur sa gauche attira son attention. Il jeta son équipière à terre, recevant à sa place les quelques balles qu’un agonisant avait pu tirer. Le cri de la jeune femme lui vrilla les tympans, puis il s’estompa.

    Il cligna des yeux une fois, puis deux. Son mal de crâne, qui s’était calmé durant la mission, revint à la charge, plus puissant que jamais. Reno grimaça et se redressa maladroitement sur ses coudes. Ses yeux rencontrèrent alors une paire de lunettes noires plus que familières.


    « Rudo ?! » s’exclama-t-il gaiement.

    Un bref silence apaisant accompagna le geste du grand chauve qui posa sur le lit d’hôpital de son ami un petit paquet rouge surmonté d’un ravissant nœud argenté.


    « Joyeux noël. » déclara Rude.

    À la manière d’un gosse, Reno déchira le papier d’emballage et ouvrit son cadeau. Il plaça ensuite sur son nez la paire de lunettes semblables à celle de son coéquipier et le remercia avec effusion. On toqua et la porte s’ouvrit sur une blonde souriante et un brun sévère. Ils tenaient une caisse en bois qu’ils posèrent dans un coin.


    « Du Côte du Chartreux 2345, mais pas une goutte avant ton rétablissement, l’avertit Tseng.
    - Joyeux noël, Renounet ! » lança Elena, moqueuse.

    Le rouquin tira la langue avant de leur dire merci. Dans l’embrasure de la porte apparut un blondinet au visage rougit par l’effort de sa course et avec la respiration saccadée. Les quatre Turks le dévisagèrent avec circonspection. Le président s’avança jusqu’au chevet du blessé et lui tendit un trousseau comportant deux clés identiques et de petite taille.


    « C’est… commença le roux.
    - Les clés de ton nouvel hélicoptère, compléta Rufus. Elena a un peu endommagé l’ancien en te ramenant ici. »

    La jeune femme émit un petit rire gêné en se grattant la tête. Elle s’attendait à un regard noir ou au moins réprobateur mais il n’en fut rien. Au contraire, Reno se mit à sourire tristement.[/color]

    « Vos cadeaux sont magnifiques, mais moi j’ai rien à vous offrir… »

    Il baissa la tête, ôtant les lunettes de soleil et le remettant dans leur boîtier. La blonde s’installa près de son ami, lui ébouriffant sa crinière de feu en riant.

    « C’est déjà un énorme cadeau de te savoir en vie. »

    Reno regarda tour à tour chacun de ses compagnons, un sentiment heureux se glissant au plus profond de son cœur. C’est ça noël chez les Turks, suffit de frôler la mort et on a tout ce qu’on peut désirer. Des amis sincères et…

    « Côte de Chartreux pour tout le monde ! » clama le rouquin en se jetant hors de son lit et en se ruant vers la caisse, oubliant volontairement les recommandations de son petit chef utaïen.

    Rude esquissa un sourire et ôta ses lunettes. Rufus ouvrit une bouteille et fit apporter des verres. Elena parla énormément et ne s’arrêta qu’au bout du septième verre. Tseng défit sa cravate et décidé, pour ce soir là uniquement, de mettre un peu le travail de côté. Reno trinqua avec tous et bu jusqu’à se retrouver dans un état d’ébriété avancé.

    FIN
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    Note : /!\ Le côte de Chartreux est une propriété de Banal Fantasy. Alors rendons à Durendal ce qui est à Durendal, merci /!\
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Lynn Shisha
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